Commission Kavadenn : "renverser la table des vieilles habitudes" et présenter des initiatives à l'Assemblée Nationale

Kevin Lognoné donne de la visibilité aux porteurs d'initiatives en Bretagne.
Il est est responsable de la commission Kavadenn et propose des rencontres dans un salon de l'Assemblée Nationale.
Salut Kevin, pourrais-tu te présenter ?
 
Je suis un français du sixième département breton (diaspora). Né à Saint-Malo, mes racines familiales remontent à une vieille lignée d’armateurs corsaires. Pour briser les coalitions montées et financées par les Anglais, mes ancêtres trempaient des boulets de canon dans de l’oignon : un anticoagulant naturel pour faire saigner les blessures de l’adversaire. Ce stratagème avait surtout un effet psychologique : la plupart des navires abordés préféraient se rendre, pour éviter des échanges meurtriers.

Mon environnement familial multi-entrepreneur m’a transmis une passion pour l’innovation. En 1936, mon arrière-grand-père, Théophile LOGNONÉ observe dans la Baie du Mont Saint-Michel que les brisures de coquillage présentent des richesses nutritionnelles pour l’industrie agroalimentaire. Un an plus tard, sa découverte remporte la prime d’honneur du ministère de l’agriculture. Pendant près de 80 ans, trois générations ont préservé cette entreprise familiale et indépendante : Calcialiment (110 salariés, 4 sites de production) qui est devenue le 1er fabricant français d'aliments minéraux et s’exporte dans une dizaine de pays.

Acquis aux idées européennes, j'ai beaucoup voyagé à travers le monde. Fortement attiré par la technicité de projets territoriaux, je reste fasciné par les capacités d'empowerment: partenariales, managériales et d'innovation de communautés ou de groupes locaux. LE MONDE BOUGE, FAITES BOUGER LA BRETAGNE ! Dans un monde où les talents sont nomades, la Bretagne doit s'interroger sur la fuite de ses cerveaux et renouer avec son attention fédératrice - « diaspora » vient du grec « dispersion », ce qui implique éparpillement, délitement, épuisement…

Parmi mes différentes expériences internationales les plus riches humainement et intellectuellement, je retiendrai celles aux côtés de Jack A. Cowan, Consul de France à Seattle et Philippe Couillard, Premier ministre du Québec, qui sont restés pour moi des sortes de parrain américain.
 
Qu'est ce que la commission Kavadenn ?
 
Malgré tous les efforts, La Bretagne reste une économie de rente, où la fortune et l'infortune se transmettent plus qu'elles ne s'acquièrent. La force pour renverser la table des vieilles habitudes est étouffée par une forte consanguinité d'idées et de mouvement, où il apparait plus commode de décider... de ne rien décider. Prenez l'exemple de la French Tech. L’analyse faite en 2015 de Nicolas Colin, décrit une France mal positionnée pour tirer profit de la révolution numérique. Nicolas Colin ajoute qu’il ne faut pas se leurrer, nos dirigeants regardent souvent la French Tech comme un bac à sable sympathique où des enfants s’amusent. On commande des missions, on crée des incubateurs. Tant que ces nouveaux acteurs sont petits et ne dérangent pas, tout va bien, mais dès lors qu’ils déstabilisent des filières ou des champions nationaux, les regards bienveillants disparaissent, le numérique devient dangereux, fraudeur, liberticide et destructeur d’emplois.

La Bretagne reproduit ce modèle malsain et hypocrite dans de nombreuses filières, sans oublier le gaspillage de l'argent public qui l'accompagne. Dépensez, dépensez, dépensez… Les plus hautes décisions de notre région ont laissé place à un charabia de hauts fonctionnaires qui dissimule soigneusement l’immobilisme entretenu par nos élus. Devinez qui paie ? Alain Madelin indiquait que la Bretagne se porterait bien mieux si elle adoptait la fiscalité de la Grande-Bretagne. Vous avez dit réinventer le logiciel de nos territoires  ? 
Face à ces enjeux, la commission Kavadenn auditionne des personnalités, effectue des déplacements et vous donne la parole !
 
Quels initiatives ont été présentées dernièrement ?

Nous avons mené une campagne-tremplin en faveur de la renaissance "hors-les-murs" du Mont-Saint-Michel.
 
Inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité depuis 1979, le Mont-Saint-Michel constitue une véritable prouesse artistique et technique : sur un îlot rocheux au milieu de grèves immenses soumises au va-et-vient de puissantes marées s’élève la Merveille de l’Occident, abbaye bénédictine dédiée à l’archange Saint-Michel et le village né à l’abri de ses murailles.Dans les religions juive, chrétienne et musulmane, les archanges sont plus que des anges, “ils annoncent les plus grands mystères”. La baie du Mont-Saint-Michel, espace mouvant d’eau et de grèves dont la consistance et la perception évoluent au gré des marées contribue à la magie des lieux.

Aujourd’hui, cet écrin maritime peut constituer une vitrine des nouvelles technologies en faveur de la sauvegarde de notre patrimoine.

Le Mont Saint-Michel peut devenir un passage de témoin entre la jeunesse et les grands bâtisseurs qui voulaient protéger la création de valeur, dans l’héritage des îles voisines de Jersey et Guernesey, laboratoire avancé pour permettre aux chevaliers des croisades de transmettre leur patrimoine. Aujourd’hui, tous les géants du Web s’y précipitent pour domicilier leur société dans ce paradis fiscal. A l’image de la baie de San Francisco, une « digital bay » pourrait incarner un outil de la diplomatie d’influence du XXIème siècle, pour attirer des entreprises numériques et investisseurs à s’implanter sur la façade Atlantique, de la Bretagne à la Normandie, en tirant parti dans un premier temps de l’attractivité
de l’axe Saint-Malo Mont Saint-Michel.
 
Comment peut-on contribuer à la commission Kavadenn ?

Idées, propositions, expériences inventives peuvent faire l’objet de présentations didactiques, à l’occasion de nos rencontres mensuelles, qui se déroulent dans un salon à l’Assemblée nationale, un lieu symbolique du parlementarisme dans la recomposition des pouvoirs au XVIIIe siècle, héritage légué par la Guerre d'indépendance des Etats-Unis ("No taxation without representation") à laquelle ont participé de nombreux marins et armements bretons (port de Brest, Saint-Goustan avait accueilli Benjamin Franklin...). Le marquis de Lafayette était Breton par sa mère !  
 

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Commentaire de Patrice Ernst le 1 février 2016 à 0:01
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